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Prise de position de l’IREF face aux conditions des stages non salariés

Extrait du procès-verbal de la RÉUNION du Conseil de l’IREF du 9 février 2022. La résolution suivante au sujet des conditions des stages non salariés a été adoptée :

C-IREF-2022-276

ATTENDU

Que les stages non salariés constituent du travail gratuit et que ceux-ci ont cours dans les domaines traditionnellement et majoritairement féminins;

Que le travail gratuit, synonyme de don de soi, nous habitue à accepter des conditions de travail toujours plus difficiles dans des organismes sous-financés et en manque de personnel;

Que les étudiant.e.s de tous les cycles confondus, en stage ou en cours, participent à la production de la connaissance, qui profite tant à leur milieu de stage qu’à leur institution d’enseignement;

Que les bourses de soutien à la persévérance et à la réussite des stagiaires du gouvernement du Québec ne constituent pas un salaire et ne sont pas une solution pérenne, qu’elles ne reconnaissent pas le travail accompli par les stagiaires et qu’elles n’ont aucune incidence sur leurs conditions de travail;

Que la loi 21 crée un climat de tension qui affecte des étudiant.e.s stagiaires, notamment en contexte scolaire, en raison de leur appartenance religieuse; 

Que les stagiaires peuvent vivre des conditions de travail dangereuses qui les mettent notamment à risque de vivre des violences physiques et/ou psychologiques, du harcèlement sexuel, de la discrimination, du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de la transphobie, du capacitisme;

Que le statut de stagiaire non salarié.e perpétue ces conditions de travail dangereuses pour les stagiaires de tous les domaines et établit une hiérarchie entre les domaines salariés et non salariés;

Que la salarisation des stagiaires leur donnerait accès aux syndicats en place dans leurs milieux de stages et que l’accès à ces syndicats contribuerait à une protection contre les abus;

Que plusieurs étudiant.e.s ne peuvent pas effectuer leur stage et abandonnent leurs études, faute de ressources financières et/ou sociales;

Que les étudiant.e.s vivent une précarité économique qui est exacerbée par les stages non salariés;

Que les compressions budgétaires du gouvernement dans le secteur public affectent autant les travailleur.euse.s que les stagiaires, parmi lesquel.le.s sont surreprésenté.e.s les femmes, les parents-étudiant.e.s et les personnes immigrantes;

Que la lutte pour la rémunération des stages de 2015 à 2019 a mené à une ouverture de la part du gouvernement à compenser le travail étudiant, mais n’a pas réussi à obtenir un salaire pour tout.e.s les étudiant.e.s.

IL EST PROPOSÉ

Que l’IREF appuie publiquement les revendications du collectif “Un salaire pour tous.te.s les stagiaires”, notamment :

  1. Que tous.te.s les stagiaires de tous les types de stage et de tous les niveaux d’études reçoivent un salaire décent pour leur travail et ce, dans une perspective de reconnaissance du travail étudiant.
  2. Que toutes les heures de stages soient salariées.
  3. Que les revendications nommées ci-dessus s’appliquent dès la session d’hiver 2022.

ADOPTÉ À L’UNANIMITÉ

Thérèse St-Gelais, directrice

INFORMATIONS :

"La mobilisation pour la rémunération des stages renaît de ses cendres" Montréal Campus, 10 février 2022

Grève des stages, grève des femmes. Anthologie d'une lutte féministe pour un salaire étudiant 2016-2019, Collectif, Éditions du Remue-ménage, novembre 2021

Mention photo : Photo couverture du livre sur la Grève des stages, grève des femmes stages publié aux Éditions du Remue-ménage en 2021
Mention photo : Photo couverture du livre sur la Grève des stages, grève des femmes publié aux Éditions du Remue-ménage en 2021

Institut de recherches et d'études féministes

Créé en 1990, l’Institut de recherches et d’études féministes a pour mission de promouvoir et de développer la formation et la recherche féministes dans une perspective interdisciplinaire. Il constitue un regroupement de plus de 700 membres professeur·e·s, chercheur·e·s, chargé·e·s de cours, professionnel·le·s, étudiant·e·s de l’UQAM, ainsi que des membres associé·e·s.

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