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Étiquette : féminisme noir

Tremplin, no.6, 2014, «Chercher la rage. Colères et excès narratifs chez trois romancières africaines-américaines»

Par Ariane Gibeau. Cahiers de l’IREF, Collection Tremplin, No. 6, 97 pages, 2014

La présente étude s’intéresse aux représentations de la colère dans la littérature des femmes africaines-américaines du 20e siècle. Elle cherche à comprendre de quelles manières cette émotion taboue et honteuse investit Passing de Nella Larsen, Sula de Toni Morrison et Push de Sapphire, trois œuvres écrites à différentes époques-clés de l’histoire littéraire noire états-unienne au féminin (les années 1920 et la Renaissance de Harlem; les années 1970 et l’émergence du féminisme noir et de sa critique littéraire; les années 1990 et la consécration institutionnelle des black women’s studies). Il s’agit de voir comment, dans ces romans où prédominent des enjeux liés aux oppressions de sexe, de race et de classe, la colère joue le rôle de moteur textuel, d’émotion-source : elle dirige les actions et propos des personnages, dirige les intrigues, dirige l’écriture. Elle semble ainsi constituer une impulsion, un paradigme traversant la tradition littéraire féministe noire. L’étude d’un corpus diachronique permet d’entrevoir une évolution singulière : le passage d’une colère nommée et thématisée à une colère-discours.

La colère constituant une émotion du désordre et du spectaculaire, j’analyse les stratégies narratives qui permettent de faire surgir l’excès et le théâtral dans les œuvres à l’étude. Ma réflexion se décline en quatre temps. Je me penche dans un premier chapitre sur les articulations entre rapports d’oppression et colère. J’interroge les liens entre sexe et colère, puis entre race et colère, pour enfin présenter les fondements théoriques du féminisme noir et les écrits de féministes noires sur la question. Les trois autres chapitres sont consacrés aux romans analysés : le deuxième traite de Passing et de la colère qui prend possession de l’intrigue grâce à quelques stratégies du double; le troisième montre que la colère, dans Sula, se manifeste selon deux mouvements simultanés (une transmission entre plusieurs générations de personnages et un détournement dans la narration) et par le recours à la métaphore du feu; le quatrième s’intéresse à Push et à son esthétique de l’excès, laquelle imprègne à la fois les corps des protagonistes et la narration.

Cette publication est disponible en libre accès

Agora, no.2, 2011, «Blanches et Noires: Histoire(s) des Américaines au XIXe siècle»

Sous la direction d’Isabelle Lehuu et textes de : Marise Bachand, Diane Bélanger, Rose-Marie Guzzo, Isabelle Lehuu et Catherine Pelchat. Cahiers de l’IREF, collection Agora, no 2, 135 pages.

« Blanches et Noires examine l’histoire des Américaines au XIXe siècle dans la diversité des expériences individuelles et collectives, en explorant les histoires de femmes blanches et noires, jeunes et moins jeunes, mariées et célibataires, dans le Nord et le Sud des États-Unis. Écrire l’histoire des femmes au pluriel ne signifie plus la quête d’une sororité illusoire, mais bien la recherche des parcours singuliers et des moments de dialogue entre femmes de conditions sociales différentes. 

Les études rassemblées ici mettent en lumière tant la parole des femmes que le discours sur les femmes, les représentations et les gestes du XIXe siècle dont les archives ont gardé des traces furtives et les mots qui disent la soumission des unes et la capacité d’agir des autres. Souvent silencieuses, dans l’ombre d’un mari, d’un père ou d’un maître, ces femmes du passé ont laissé des indices de leurs relations affectives, de leurs responsabilités familiales ou de leurs réseaux sociaux au détour d’un testament, d’une lettre personnelle ou d’un récit de voyage. Le portrait qui s’en dégage est celui de femmes ordinaires, dans l’espace domestique et dans la communauté rurale ou urbaine, de New York à Charleston et la Nouvelle-Orléans, au cours de ce XIXe siècle qui constitue une période charnière dans l’histoire des Américaines avec des mouvements de réformes sociales et de nouvelles aspirations pour toutes les femmes.

Cet ouvrage collectif se situe à la croisée de l’histoire des femmes et de l’histoire du genre en étudiant aussi bien l’expérience des femmes du passé que la construction historique du genre qui a encadré et influencé cette expérience au quotidien. Cependant, le concept de genre qui est utilisé dans cette analyse est constamment en interaction avec les concepts de classe et de race, afin de documenter les tensions entre femmes de diverses origines, ainsi que les épisodes de solidarité féminine. »

Cette publication est disponible en libre accès

Institut de recherches et d’études féministes

Créé en 1990, l’Institut de recherches et d’études féministes a pour mission de promouvoir et de développer la formation et la recherche féministes dans une perspective interdisciplinaire. Il constitue un regroupement de plus de 660 membres professeur·e·s, chercheur·e·s, chargé·e·s de cours, professionnel·le·s, étudiant·e·s de l’UQAM, ainsi que des professeur·e·s et des membres associé·e·s.

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