Karen Messing : autrice, professeure émérite au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, membre de l'IREF, et spécialiste reconnue mondialement de la santé des femmes au travail, ergonome et généticienne vient de publier en traduction française Le deuxième corps. Femmes au travail, de la honte à la solidarité aux Éditions Écosociété.
Le salaire n'est pas la seule source d'inégalité pour les travailleuses. Blagues sexistes, avances déplacées, outils inappropriés, maladies professionnelles considérées comme imaginaires (dépression, anxiété), résultat d'une faiblesse (troubles musculo-squelettiques), étranges (grossesse, ménopause) ou dégoûtantes (troubles menstruels) : que pouvons-nous faire pour améliorer la condition des travailleuses? Comment nous libérer du jugement sur nos corps? Voilà quelques-unes des questions auxquelles les panélistes tenteront de répondre à l'occasion de cette table ronde diffusée en direct.
Pour citer l’actuelle directrice de l’IREF, Thérèse St-Gelais, dans le dernier rapport d’activités : « l’IREF c’est un espace de collaboration entre des professeures, chargées de cours, professionnelles, étudiantes et chercheures dans 27 départements, écoles et facultés, mais aussi dans quelques 20 programmes d’études […] Hybrides dès leur création, les programmes de l’IREF valorisent les savoirs croisés. »
Pour célébrer ce projet d’institutionnalisation de la recherche et de l’enseignement en études féministes à l’UQAM en 1990, nous faisons appel aux plus de 660 membres de l’IREF, pour nous soumettre une citation ou une référence préférée qui reflète vos recherches, vos enseignements ou vos travaux de session en études féministes.
Votre choix de citation peut être une phrase courte ou un extrait d’article, une image avec un choix de mots clés, qui sera partagé avec sa référence bibliographique et le lien vers votre compte Instagram, si vous en avez un.
S’il y a un exemple classique s’il en faut un, pensons au « On ne nait pas femme : on le devient. » de Simone de Beauvoir ou la plus contemporaine Beyoncé : « Le pouvoir ne vous est pas donné. Vous devez le prendre. »
Nous avons hâte de lire et de partager vos contributions :iref@uqam.ca
À travers un corpus de vedettes hollywoodiennes, Sandrine Galand explore ce qui dérange dans le féminisme pop. Dans la lignée de Madonna, des Riot Girrrls et des Spice Girls, s’élèvent aujourd'hui les voix et les corps de femmes puissantes et populaires comme Beyoncé. Mais est-ce que le féminisme et la société de consommation font réellement bon ménage ? Peut-on être à la fois une pop star et une icône féministe ?
Depuis qu’il se diffuse en masse sur les réseaux sociaux, et encore plus avec les mouvements de libération de la parole à l’échelle planétaire, le féminisme semble être devenu le branding de toute une industrie. Les idées de résistance se répandent désormais à travers la mode, la publicité, la musique et l’image de marque de ses ambassadrices. La performance de soi devient inhérente à l’engagement. Sandrine Galand plonge au coeur de ces questions délicates dans cet essai documenté sur la place du féminisme dans la culture populaire contemporaine, avec son lot de contradictions et de failles. L’autrice réapprend à aimer ces figures pop pour mieux repérer ce qu’elles représentent de subversif et d’inclusif. Pour mieux révéler ce qui se passe entre les gloires et les chutes. Plus qu’un effet de mode, ce sont de nouveaux récits qui s’écrivent avec ou en marge des féminismes.
Les recherches récentes ont montré que plus d’une personne sur trois a vécu des violences sexuelles à l’université. Pourtant, très peu d’entre elles parlent de la situation à leur institution.
Certaines personnes sont plus à risque de vivre des violences sexuelles à l’université : les femmes, les personnes de la diversité sexuelle et de genre, les personnes racisées, les personnes autochtones, les personnes en situation de handicap et les étudiant.es de l’international.
Les histoires partagées permettront d’élaborer des recommandations pour la prise en charge et pour les programmes de prévention dans les universités. Chaque histoire compte pour comprendre comment les dévoilements se passent concrètement. Nous voulons savoir si les universités vont dans la bonne direction ou s’il faut faire des ajustements.
Comment savoir si je peux participer à cette recherche ?
J’ai vécu une situation de harcèlement ou de violence sexuelle en milieu universitaire, par une personne affiliée à la même université que moi.
J’ai parlé de cette situation à une instance ou une ressource de mon université depuis septembre 2019 (Instances universitaires spécialisées, ressources humaines, associations étudiantes, syndicats, supérieur.e hiérarchique, superviseur.e…).
J’ai vécu cette situation pendant que j’étudiais ou travaillais dans une université du Québec, de l’Ontario ou du Nouveau Brunswick.
Je peux participer même si je ne fréquente plus cette université.
Il n’est pas nécessaire d’avoir déposé une plainte formelle à l’instance spécialisée de l’université.
En quoi consiste ma participation ?
La participation au projet consiste à une entrevue de 1h30 par visioconférence ou par téléphone. Nous aborderons votre expérience de dévoilement de la situation vécue dans votre université ainsi que votre perception de ce processus. Tous les renseignements recueillis sont confidentiels, aucune information ne permettra de vous identifier lors de la diffusion des résultats.
Comment participer à la recherche ?
Vous pouvez communiquer avec Ludivine Tomasso, coordinatrice du projet dans l’équipe de la Chaire de recherche, par courriel, message texte ou téléphone : tomasso.ludivine@uqam.ca, 514-816-2067
Vous pouvez laisser vos coordonnées sur le formulaire et nous vous recontacterons au plus vite :
Équipe de recherche et partenaires
Manon Bergeron, Chercheure principale, Université du Québec à Montréal Isabelle Auclair, Université de Laval Karine Baril, Université du Québec en Outaouais Rachel Chagnon, Université du Québec à Montréal Isabelle Daigneault, Université de Montréal Jacinthe Dion, Université du Québec à Chicoutimi Martine Hébert, Université du Québec à Montréal Alexa Martin Storey, Université de Sherbrooke Simon Lapierre, Université d’Ottawa Geneviève Paquette, Université de Sherbrooke Marie-Andrée Pelland, Université de Moncton Sandrine Ricci, Université du Québec à Montréal Lise Savoie, Université de Moncton CALACS de l’Ouest-de-l’île L’Élan-CALACS Centre d’agression sexuelle – Moncton Réseau d’Action des Femmes Handicapées (RAFH-DAWN) Groupe d’Aide sur le Harcèlement au Travail (GAIHST) Conseil Québécois LGBT Lyne Kurtzman, Service aux collectivités de l’UQAM
Ce projet de recherche est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Ce projet de recherche a été approuvé par le comité d’éthique de la recherche de l’UQAM.
Grâce à une subvention du programme Connexion du CRSH et au soutien précieux de l’IREF et du CRILCQ, notre membre associée, Vanessa Blais-Tremblay, lance son projet DIG! Différences et inégalités de genre dans la musique au Québec, un réseau interdisciplinaire et intersectoriel qui réunit de manière récurrente un groupe ouvert de chercheurs.res, d’artistes et de praticiens.ennes de la musique qui s’intéressent à l’histoire, aux mécanismes et aux manifestations des différences et inégalités de genre dans la musique au Québec.
Institut de recherches et d’études féministes (IREF) à l’UQAM
Communiqué de presse
Bientôt 1000 personnes diplômées et plus de 80 membres professeur.e.s
Montréal - 8 mars 2021- L’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM célèbre cette année ses trente ans de formation et d’expertise en recherche
Bientôt 1000 personnes diplômé.e.s en études féministes à l’UQAM
L’IREF compte bientôt 400 personnes qui ont diplômées au certificat en études féministes auxquelles s’ajoutent plus de 550 attestations d’une concentration en études féministes. (https://iref.uqam.ca/diplome-e-s/ )
Plus de 80 membres professeur.e.s et professeur.e.s associé.e.s à son actif
L’IREF possède des ancrages dans un grand nombre de disciplines qui couvrent des réalités et des besoins diversifiés. L’une des richesses des études féministes à l’UQAM est de constituer une discipline au carrefour des savoirs, au sein de laquelle l’interdisciplinarité permet de se pencher aussi bien sur des enjeux liés à la santé qu’aux questions littéraires, sociales et politiques. (https://iref.uqam.ca/membres/professeur-e-s/)
À l’affût des champs de recherches innovantes
Selon Thérèse St-Gelais, professeure au Département d’histoire de l’art et directrice actuelle de l’institut : « l’IREF est un lieu de circulation des savoirs féministes qui participe à la signature de notre institution, un lieu où la formation en études féministes consolide notre place au sein des universités québécoises tout en prenant soin, comme nous le faisons déjà, de demeurer à l’affût des champs de recherches innovantes qui nous gardent toujours en action et ce faisant, nous préservent de l’institutionnalisation des savoirs. »
Depuis trente ans, l’IREF s’engage à soutenir les personnes étudiantes et les chercheur.e.s dont l’objectif est de mettre en avant des savoirs plus inclusifs et pluriels.
Depuis le début des années 1980, les études féministes font partie du paysage universitaire québécois. Si elles s’attachaient il y a trente ans à produire des savoirs autour de la condition des femmes, elles ont élargi depuis le spectre de la discipline et constitué un champ de connaissances variées ancrées dans les enjeux de société actuels. Partant d’une mineure en études féministes, l’IREF s’est enrichi d’un certificat et d’une concentration aux trois cycles. Des études féministes en regard de la culture populaire, de l’islam, de l’antiracisme, pour ne nommer que ces thématiques (https://iref.uqam.ca/cours-fem/), l’IREF s’est avéré chef de file dans la francophonie quant à la création d’une discipline universitaire reconnue avec ses propres concepts et ses analyses novatrices aux plans social et culturel.
Huit études de cas réalisées par Marie-Pierre Boucher et Yanick Noiseux sous la direction de Dorval Brunelle, Francine Descarries et Lyne Kurtzman dans le cadre de la recherche Les effets des accords de commerce et de la libéralisation des marchés sur les conditions de travail et de vie des femmes au Québec, 1989-2005. Cahiers de l'IREF, no 23
Plusieurs études ont mis en lumière les effets des accords de commerce et de la libéralisation des marchés des biens et des services sur les conditions de vie et de travail des femmes dans différentes régions du monde, mais ces recherches n’établissent pas clairement les liens entre les accords commerciaux de libre-échange, l’évolution du marché du travail et leurs impacts sur la division sexuelle du travail, ainsi que sur les conditions d’emploi des femmes. Ce que se proposent de faire les présentes études de cas, en examinant les changements dans le système d’emploi au Québec.
Partant de l’hypothèse que la libéralisation a des répercussions spécifiques sur les trajectoires professionnelles des femmes, l’objectif était de vérifier si les accords de libre-échange et les politiques de libéralisation des marchés entraînent une segmentation du système de l’emploi qui implique le maintien, voire le renforcement de la division sexuelle du travail. Pour le vérifier, nous avons examiné des secteurs où la main-d’œuvre féminine est importante ou sur-représentée et qui sont susceptibles de révéler des pratiques spécifiques de discrimination en fonction du sexe. Les études portent sur : 1) les travailleuses dans le secteur de la fabrication de vêtements; 2) l’usine de sandale Crocstm ; 3) les travailleuses de Wal-Mart; 4) les travailleuses dans le secteur des télécommunications; 5) les travailleuses dans le secteur financier; 6) les travailleuses dans les services de garde à la petite enfance; 7) les travailleuses dans les services d’aide à domicile; 8) les travailleurs migrants saisonniers et les aides familiales.
Au fil d’arrivée, les huit études de cas montrent clairement que les effets de la libéralisation et du néolibéralisme sont sexués. Elles mettent en évidence l’usage des dispositifs de la division sexuelle du travail et illustrent une re-hiérarchisation des rapports salariaux de sexe.Cette publication est disponible en libre accès
Par Mickael Chacha Enriquez. Cahier de l'IREF, Collection Tremplin, No. 5, 132 pages, 2014
Tout comme aux États-Unis et en France, la militance trans est en plein essor au Québec depuis ces vingt dernières années. Cela se voit par la création ou l'expansion d'organismes trans et le développement de projets trans au sein d'organismes de santé ou d'organismes LGBTQ (lesbiens, gais, bis, trans, queers).
En prenant appui à la fois sur des concepts de la sociologie des mouvements sociaux et des concepts issus des études féministes et des études trans, cette recherche a pour objectif d'explorer les dynamiques d'émergence du mouvement trans au Québec. Douze entrevues semi-structurées ont été réalisées en 2010 avec des militants-es trans appartenant à trois générations. Trois axes d'analyse ont été privilégiés : 1. les dynamiques de la militance trans ; 2. les sens que les militants-es donnent à leurs actions ; 3. les liens entre cette militance et d'autres militances.
Cette recherche démontre qu'il y a bien un mouvement trans émergent au Québec. Celui-ci a acquis une dimension collective à travers la création d'une identité trans et la formation d'une communauté trans, deux éléments constitués de façon dynamique et traversés par des tensions. Le mouvement trans revêt également une dimension confl ictuelle et s'oriente vers le changement social en combattant le cissexisme et en remettant en cause les normes de genre, de sexe et de sexualité. Enfi n, le mouvement trans a mis en place des alliances avec le mouvement gai et lesbien, le mouvement queer, le mouvement féministe et les luttes d'autres populations marginalisées.
Par Stéphanie Mayer. Cahiers de l'IREF, collection Tremplin, no 3, 2012
Les espaces politiques non-mixtes entre « femmes » représentent, en raison de l’autonomie qu’ils permettent d’acquérir, un mode d’organisation qui s’est avéré efficace pour mener des luttes en faveur de la liberté. Ce type de rassemblement se constitue sur la base du « Nous femmes » qui fait l’objet depuis près de trois décennies de nombreuses résistances de la part des féministes postmodernes et poststructuralistes. Ces critiques de l’essentialisme remettent en cause les fondements du « Nous femmes » et ébranlent, par le fait même, le mode d’organisation en non-mixité construit sur l’identité « femmes ».
Cette recherche vise les trois objectifs suivants : 1) retracer l’importance politique du mode d’organisation en non-mixité « femmes »; 2) explorer, à partir d’une perspective féministe postmoderne et poststructuraliste, les tensions relatives au « Nous femmes » et à l’expérience qui lui est propre; et 3) montrer la pertinence du déplacement vers le « Nous féministes », qui permet de penser une non-mixité entre féministes.
Cette analyse épistémologique met en dialogue les cadres théoriques des féministes radicales, principalement matérialistes, avec ceux des féministes postmodernes et poststructuralistes au sujet du « Nous femmes » et de son expérience spécifique. La discussion aboutit à une proposition actualisée en matière de concepts féministes mobilisés dans le cadre d’une organisation en non-mixité, qui conjugue anti-essentialisme et radicalisme politique.
La proposition centrale de cette recherche entend inciter les féministes (militantes et théoriciennes) à emprunter le passage du « Nous femmes » vers le « Nous féministes ». Ce déplacement permet la conceptualisation d’une non-mixité entre féministes invitée à se saisir, dans une perspective féministe, de l’ensemble des enjeux sociaux. Cette démarche repose sur le postulat que les féminismes représentent une réflexion politique qui concerne l’ensemble de la société, qu’ils constituent un projet démocratique.
Les conclusions rappellent l’importance de ce déplacement épistémologique et politique du « Nous femmes » vers le « Nous féministes » afin de contourner les paradoxes théoriques que revêtent les ancrages essentialistes associés à la catégorie « femmes » et la non-mixité sur cette base.
Créé en 1990, l’Institut de recherches et d’études féministes a pour mission de promouvoir et de développer la formation et la recherche féministes dans une perspective interdisciplinaire. Il constitue un regroupement de plus de 700 membres professeur·e·s, chercheur·e·s, chargé·e·s de cours, professionnel·le·s, étudiant·e·s de l’UQAM, ainsi que des membres associé·e·s.