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Tremplin, no.5, 2014, «Le mouvement trans au Québec. Dynamique d'une militance émergente»

Par Mickael Chacha Enriquez. Cahier de l'IREF, Collection Tremplin, No. 5, 132 pages, 2014

Tout comme aux États-Unis et en France, la militance trans est en plein essor au Québec depuis ces vingt dernières années. Cela se voit par la création ou l'expansion d'organismes trans et le développement de projets trans au sein d'organismes de santé ou d'organismes LGBTQ (lesbiens, gais, bis, trans, queers).

En prenant appui à la fois sur des concepts de la sociologie des mouvements sociaux et des concepts issus des études féministes et des études trans, cette recherche a pour objectif d'explorer les dynamiques d'émergence du mouvement trans au Québec. Douze entrevues semi-structurées ont été réalisées en 2010 avec des militants-es trans appartenant à trois générations. Trois axes d'analyse ont été privilégiés : 1. les dynamiques de la militance trans ; 2. les sens que les militants-es donnent à leurs actions ; 3. les liens entre cette militance et d'autres militances.

Cette recherche démontre qu'il y a bien un mouvement trans émergent au Québec. Celui-ci a acquis une dimension collective à travers la création d'une identité trans et la formation d'une communauté trans, deux éléments constitués de façon dynamique et traversés par des tensions. Le mouvement trans revêt également une dimension confl ictuelle et s'oriente vers le changement social en combattant le cissexisme et en remettant en cause les normes de genre, de sexe et de sexualité. Enfi n, le mouvement trans a mis en place des alliances avec le mouvement gai et lesbien, le mouvement queer, le mouvement féministe et les luttes d'autres populations marginalisées.

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Tremplin, no.4, 2013, «Où en sommes-nous avec l'art féministe? La Centrale Galerie Powerhouse (1973-1978 et 2007-2010)»

Par Kim Rondeau. Cahier de l'IREF, Collection Tremplin, No. 4, 90 pages, 2013

Au cours des 10 dernières années, de nombreux évènements en arts visuels se sont penchés sur la question du féminisme, malgré l'annonce de la mort de ce courant politique par plusieurs discours populaires. Effectivement, l'avènement des champs d'études queer et postcoloniales, à la fin de la décennie 1980, reconceptualise et complexifie le sujet du féminisme, la femme. Les fondements de l'identité femme, la fixité de cette catégorie, se voient maintenant interrogés. De ce fait, les prémisses mises de l'avant par les féministes des années 1970, moment fort du mouvement de libération des femmes, se verront critiquées.

Dans un tel contexte, nous souhaitons questionner l'art féministe actuel et voir comment il se manifeste. Plus spécifiquement, nous analysons de quelle façon il diffère des pratiques féministes inaugurées dans la décennie 1970. C'est sur cette problématique que s'attarde cette recherche prenant pour corpus d'étude les expositions présentées, de 1973 à 1978 et de 2007 à 2010, au centre d'artistes féministe montréalais La Centrale Galerie Powerhouse. Ce lieu de diffusion, fondé par des femmes désirant avoir un endroit pour exposer leur art à un moment où elles étaient exclues des institutions, est un témoin privilégié des relations qu'entretiennent le discours artistique et les théories féministes. La Centrale Powerhouse a d'ailleurs modifié son mandat en 2008 dans le but de demeurer pertinent face aux changements ayant lieu au sein du courant féministe. À travers notre étude comparative de la programmation du centre d'artistes ainsi qu'une lecture féministe de ces œuvres, nous voulons démontrer que des démarches politisées, enrichies par de nouvelles préoccupations queer et postcoloniales, demeurent possibles.

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Tremplin, no.3, 2012, «Du Nous femmes au Nous féministes: L’apport des critiques anti-essentialistes à la non-mixité organisationnelle»

Par Stéphanie Mayer. Cahiers de l'IREF, collection Tremplin, no 3, 2012

Les espaces politiques non-mixtes entre « femmes » représentent, en raison de l’autonomie qu’ils permettent d’acquérir, un mode d’organisation qui s’est avéré efficace pour mener des luttes en faveur de la liberté. Ce type de rassemblement se constitue sur la base du « Nous femmes » qui fait l’objet depuis près de trois décennies de nombreuses résistances de la part des féministes postmodernes et poststructuralistes. Ces critiques de l’essentialisme remettent en cause les fondements du « Nous femmes » et ébranlent, par le fait même, le mode d’organisation en non-mixité construit sur l’identité « femmes ».

Cette recherche vise les trois objectifs suivants : 1) retracer l’importance politique du mode d’organisation en non-mixité « femmes »; 2) explorer, à partir d’une perspective féministe postmoderne et poststructuraliste, les tensions relatives au « Nous femmes » et à l’expérience qui lui est propre; et 3) montrer la pertinence du déplacement vers le « Nous féministes », qui permet de penser une non-mixité entre féministes.

Cette analyse épistémologique met en dialogue les cadres théoriques des féministes radicales, principalement matérialistes, avec ceux des féministes postmodernes et poststructuralistes au sujet du « Nous femmes » et de son expérience spécifique. La discussion aboutit à une proposition actualisée en matière de concepts féministes mobilisés dans le cadre d’une organisation en non-mixité, qui conjugue anti-essentialisme et radicalisme politique.

La proposition centrale de cette recherche entend inciter les féministes (militantes et théoriciennes) à emprunter le passage du « Nous femmes » vers le « Nous féministes ». Ce déplacement permet la conceptualisation d’une non-mixité entre féministes invitée à se saisir, dans une perspective féministe, de l’ensemble des enjeux sociaux. Cette démarche repose sur le postulat que les féminismes représentent une réflexion politique qui concerne l’ensemble de la société, qu’ils constituent un projet démocratique.

Les conclusions rappellent l’importance de ce déplacement épistémologique et politique du « Nous femmes » vers le « Nous féministes » afin de contourner les paradoxes théoriques que revêtent les ancrages essentialistes associés à la catégorie « femmes » et la non-mixité sur cette base.

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Tremplin, no.2, 2011, «Violence et identité dans _Les mouflettes d'Atropos_ et _Le cri du sablier_ de Chloé Delaume»

Par Michèle Gaudreau. Cahiers de l'IREF, collection Tremplin, no 2, 2011, 84 pages.

Les mouflettes d’Atropos et Le cri du sablier de Chloé Delaume, sur lesquels porte cette recherche, donnent lieu à la fois au récit de la violence qui a été subie par l’écrivaine et au déploiement d’une violence dont elle-même est l’auteure. Dans cette étude, nous cherchons à démontrer que la violence racontée, qui est perpétrée par les hommes et par les institutions patriarcales, est responsable de la désubjectivation de Chloé Delaume (qui est à la fois l’auteure, la narratrice et le personnage principal des deux textes analysés), et que la violence dont celle-ci fait preuve est le moteur de la reconstruction de son identité et de sa subjectivité. Plus largement, à l’aide de théories féministes sur la violence, sur le langage et sur les rapports entre les sexes, nous explorons quelques facettes de la domination masculine qui est encore bien présente aujourd’hui et certains des mécanismes développés par les femmes afin de répondre à l’état de soumission dans lequel les place le patriarcat.

Cette recherche est divisée en trois chapitres. Le premier se veut surtout une présentation théorique de la violence patriarcale et de quatre des institutions qui la perpétuent et qui préoccupent Delaume, soit la famille, la religion, la psychanalyse et le langage. Le second chapitre s’articule autour de la désubjectivation de l’auteure-narratrice, et le dernier, autour de la violence employée par Delaume afin d’attaquer les responsables de sa désubjectivation et de se reconstruire une identité qui s’éloigne des modèles imposés par la société patriarcale.

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Tremplin, no.1, 2011, «Représentations alternatives de la subjectivité féminine dans le cinéma féminin québécois»

Par Gabrielle Trépanier-Jobin. Cahiers de l'IREF, collection Tremplin, no 1, 2011, 71 pages.

Devant la nécessité de penser la subjectivité féminine différemment, l’auteure explore un corpus de théories féministes provenant de divers courants de pensée, ainsi qu’un corpus de films réalisés par des femmes au Québec, afin d’y relever des représentations alternatives de la subjectivité féminine et d’étudier leur potentiel subversif. Puisqu’il semble profitable de valoriser les échanges entre les théoriciennes et les réalisatrices, cette étude propose une lecture croisée de ces deux corpus, pour vérifier si leurs idées respectives se recoupent, se complètent ou s’opposent. 

Cette recherche examine plus précisément comment les figures de la femme hétérosexuelle, du couple mère-fille et de la déesse femme, mises de l’avant dans la théorie de Luce Irigaray et dans le film La turbulence des fluides de Manon Briand, compensent les oublis et les méprises de la psychanalyse freudienne, des religions occidentales et des cultures patriarcales. Elle observe la manière avec laquelle la figure de la lesbienne, développée dans la théorie de Monique Wittig et dans le filmRebelles de Léa Pool, remet en question l’hétéronormativité, révèle le caractère artificiel des catégories de sexe et libère la sexualité féminine de ses attaches hétérosexuelles. Elle examine en outre comment la figure du travesti/transsexuel, exposée dans la théorie de Judith Butler et dans le film Le sexe des étoiles de Paule Baillargeon, démontre la facticité des catégories « homme » et « femme », illustre le caractère performatif du genre et expose la rigidité des normes sociales. Elle étudie enfin comment le sujet nomade, mis de l’avant dans la théorie de Rosi Braidotti et dans le film Borderline de Lyne Charlebois, ébranle le mode de pensée dualiste, la métaphysique de la substance et le logocentrisme cartésien. 

Les quatre analyses de film effectuées dans le cadre de cette recherche révèlent entre autres que ces formes alternatives de subjectivité féminine ne comportent pas, en soi, un pouvoir subversif. C’est plutôt la manière avec laquelle elles sont mises en scène, tantôt par des procédés de répétition et d’exagération, tantôt par des procédés de recontextualisation, d’inversion ou de suppression, qui leur confère le potentiel de perturber l’ordre établi.

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Institut de recherches et d'études féministes

Créé en décembre 1990, inauguré le 8 mars 1991, l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM a, depuis 35 ans, un rôle de coordination, de recherche, d’enseignement et de diffusion des savoirs dans le domaine des études féministes.

Au 30 avril 2026, l’IREF comptait 711 membres professeur·es, membres associé·es (chercheur·es, chargé·es de cours, professionnel·les) et étudiant·es de l’UQAM, ainsi que des personnes d’autres universités et de groupes communautaires.

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